Divers > Vos témoignages

IMPORTANT
Appel à témoignages pour notre site internet…


Nous demandons à tous les adhérents (civils et militaires) de bien vouloir témoigner, en précisant: Nom, prénom et coordonnées complètes (adresse postale et email, sans téléphone). Si vous le désirez nous publierons ces coordonnées et cela facilitera vos contacts entre adhérents ou d' autres personnes ayant vécu les mêmes évènements et fréquentant le site Internet de l'association, mais aussi avec la presse et les médias. Votre témoignage sera mis en ligne sur le site Internet d' AVIGOLFE. Précisez-nous si vous voulez témoigner anonymement ou en faisant connaître votre nom et adresse (adresse postale et/ou email).

Voici quelques témoignages reçus


Date :
Février 2001


Objet :
"Témoignage de Sébastien Jolie"

De :
Sebastien JOLIE

Télécharger le témoignage
Témoignage diffusé dans l'émission "Pièces à convictions" en février 2001, sur France 3 et dans le magazine Paris Match.

Sébastien engagé dans la Forpronu en Bosnie Dans cette chambre d'hôpital civil, "quelque part" dans le nord de la France, il a tenu à parler, du bout d'un doigt hésitant, sur l'abécédaire d'une ardoise d'écolier. Lettre après lettre, (…) s'aidant parfois de la pointe d'un stylo soulevé à grand peine, Sébastien Jolie, père de quatre jeunes enfants, cherchait encore à comprendre. Atteint d'un cancer qui l'empêche depuis 6 mois de marcher, de s'alimenter seul et de prononcer la moindre syllabe, le double vétéran du Golfe et de l'Ex-Yougoslavie voulait témoigner avant de mourir. (…) A sa façon : d'un hochement de la tête, d'un clignement des yeux pour dire "oui" ou "non". Du mouvement des lèvres que sa femme Rose-Marie a réussi à décrypter. Parce qu'il savait la fin toute proche, à tout juste 31 ans, (…) il a trouvé une dernière force pour s'exprimer.
Le lendemain, il en a remercié son père d'un dernier sourire esquissé. Puis il n'a plus bougé. Pas le moindre cillement. Tout doucement, il s'est laissé glisser. Sa dernière volonté : la vérité à titre posthume.
Les lèvres muettes de Sébastien articulent à l'excès, en quête de dialogue. En vain. D'ordinaire, il s'inquiète des enfants, dont les quatre dessins sont épinglés au mur, face au lit :

Sébastien junior, l'aîné, né un certain 15 janvier 1991, jour de l'expiration de l'ultimatum contre Saddam Hussein. (…) A 10 ans, marqué par la date de son anniversaire, souvent évoquée à la maison dès sa prime enfance, il rêve déjà d'être soldat, comme ses petits frères. Mais il a dessiné un terrain de football, les joueurs et un score avec une faute de son âge : Lens 2 - Sochau 0. Souvenir d'un match, il y a deux ans, où il était allé "seul avec papa", juste avant que papa ne tombe malade.
Tiffanie, du haut de ses trois ans, a fait un gribouillage de montagnes et de fleurs, mais les cadets Xavier et Antony dessinent la guerre avant l'âge de raison : un canon sur roue pour l'un, un avion de chasse, avec au bout de chaque aile une bombe, pour l'autre. (…)
"-Les bombes à l'uranium appauvri, vous en aviez entendu parler à l'époque?
- Non, répond d'un signe de tête l'ancien brigadier du train, attestant qu'à aucun moment il n'avait été averti du moindre risque pouvant provenir des bombardements de la coalition.
- Pensez-vous que votre état de santé est dû à la guerre du Golfe?"
"Oui", accuse ce clignement exagéré des deux yeux. "Je crois", tempèrent ses lèvres en silence.
Sébastien demande à nouveau l'ardoise blanche aux lettres bleues outremer. Le doigt traînant sur chaque lettre, jusqu'à la bonne, il écrit méthodiquement, sans aucune faute "p-y-r-i… dostigmine". Oui, il a bien pris, sur ordre de ses supérieurs, les cachets, antidote à l'arme chimique. Un médicament alors non autorisé et donné à 9 000 soldats français, selon les aveux tardifs du général Roquejoffre à l'Assemblée Nationale, devant la mission d'information parlementaire sur le syndrome du Golfe (désormais élargi aux Balkans).
"-Le Virgyl, la pilule contre le sommeil ?- Non", répond-il, formel, d'un hochement de la tête.
Sébastien montre péniblement les deux épaules où il a été vacciné, au pistolet, en file indienne avec tous ses camarades d'unité. Contre quoi? Il n'a jamais vraiment su. "Dans le Golfe, on lui a dit que c'était contre la grippe, précise Rose-Marie. En Yougoslavie, pour les moustiques…"
"M-i-n…", des mines ont été récupérées en Irak. La caisse est tombée un jour et s'est entrouverte. Toute la zone a été aussitôt interdite. Les photos aussi, comme celles de ces explosions laissant apparaître un drôle de nuage. Seuls les clichés autorisés en parlent un peu aujourd'hui.
Tout petit, Sébastien rêvait déjà de porter l'uniforme. Au pays des corons, où son oncle a été enseveli d'un coup de grisou dans la mine de Liévin, il voulait "faire aviateur". A la sortie de l'école, il se retrouve pompier, pendant quatre mois. (…) Il s'engage dès sa majorité au 526ème RI de Saint-Germain-en-Laye. Incorporé à la FAR, Force d'Action Rapide de l'armée française, en 1989, c'est la logistique qu'il assure avec le 17ème RCS, le régiment de commandement et de soutien.
Sébastien a 21 ans et une femme sur le point d'accoucher quand éclate la guerre du Golfe. (…) Basé au port de Yambu, le brigadier Jolie - qui finira caporal-chef après deux guerres et de nombreuses décorations - fait la navette avec la ligne de front : en Arabie Saoudite, puis en Irak, au moment de l'offensive terrestre.
Pendant les presque deux mois de l'opération Tempête du Désert, il transporte dans son camion bâché armes, munitions, mais aussi, selon son dernier témoignage, du matériel récupéré à l'ennemi après avoir été "bombardé par les Américains"… Faut-il y voir l'origine d'une contamination par des produits toxiques? Faute de preuves scientifiques difficiles à apporter dix ans plus tard, dans un domaine où le secret défense est souvent présenté comme fin de non-recevoir, on ne peut que s'en remettre à la constatation de bien curieux symptômes, partagés par la plupart des vétérans malades, et notamment par un bon nombre de "routiers" de la guerre.
Dès son retour du Golfe, Sébastien souffre de violents maux de tête et de vertiges, qu'il avoue à ses parents, mais pas à sa femme, pour ne pas l'affoler. et surtout, il prend du poids sans raison apparente. En moins de 2 ans, entre le Golfe et la Bosnie, il prend 36 kilos ! (…)
Sous le casque bleu de la Forpronu, Sébastien est soldat de la paix, basé à Glina, effectuant des navettes incessantes avec Sarajevo. De ses deux guerres, il rapporte tant de médailles et d'honneurs qu'il n 'y a plus une place libre sur les murs du salon saumon de son pavillon de brique. Médaille d'outre-mer, avec agrafe en vermeil, médaille d'argent de la Défense Nationale, vitrine remplie de décorations, d'écussons et d'emblèmes dont ceux de la FAR ou le daguet ( la gazelle du désert qui a donné son nom à la division française de la guerre du Golfe). Il y a aussi ce "Témoignage de satisfaction" signé le 22 avril 1991 par le général Schmitt, chef d'état-major des armées, seul officier français à avoir avoué aujourd'hui devant les membres de la mission parlementaire qu'il était à l'époque au courant des bombardements à l'uranium appauvri des Américains. (…) Homme d'ordre et de hiérarchie de par son métier de motard de police, Daniel, le père de Sébastien, est amer : "A quoi ça sert les décorations? Aller se battre pour son pays et récolter des maladies. J'aurais préféré qu'il tombe au champ d'honneur plutôt qu'à l'hôpital. C'était son choix de soldat, mais là, non…" (…) Sébastien n'a pas son contrat renouvelé en 1995, lorsqu'il veut rempiler. Chassé de l'armée, sans explication, après huit ans de bons et loyaux services. Pour son père, "on devait savoir qu'il était malade" quand on l'a envoyé grossir les rangs de l'ANPE ! C'est donc dans les hôpitaux civils que Sébastien va développer la maladie, alors que (…) son assurance vie de l'Association générale de prévoyance militaire est résiliée en 1999 pour d'obscures raisons. Cinq mois plus tard, il fait une balade à moto avec sa femme, quand il perd l'équilibre : cancer du cervelet et complication pulmonaire le clouent définitivement au lit. (…) Daniel Jolie, lui, s'est déjà forgé une conviction. Un des praticiens qui a accompagné Sébastien en phase finale lui a donné son diagnostic "d'homme à homme", plutôt que médical. "Pour moi, la maladie de votre fils vient bien de là-bas. Je n'ai jamais vu dans mon service, ni ailleurs, ce type de cancer." De ces lésions "douteuses", il a acquis une certitude. "C'est l'uranium appauvri, j'en suis sûr. Les médecins le disent, mais ils n'ont pas les moyens de le prouver scientifiquement, ni donc de le guérir, puisqu'on leur cache l'origine de la toxicité." Le père a porté plainte contre X, pour empoisonnement de son fils, avec Avigolfe, l'association des victimes du Golfe. (…)

Sébastien dans son lit d'hôpital, est accompagné de sa femme Rose-Marie Dans le salon, Sébastien a été installé dans son lit de souffrance, pour une dernière veillée de ses proches sous les décorations des deux guerres. Dans ses bras, pour toujours, jusque dans la tombe où il repose depuis le 31 janvier dernier, la photo de ses quatre enfants. Les trois plus petits, toujours malades (…) ont rendez-vous bientôt chez un grand pédiatre au CHU de Lille. Conçus après le retour de la guerre du Golfe, ils ont tous des ennuis de santé qui ne sont pas sans rappeler ceux des vétérans : grosses plaques rouges d'eczéma aux articulations, affections pulmonaires… A 3 ans, Tiffanie est soignée avec des "médicaments d'adulte". Sébastien junior, le seul né avant la guerre, se porte à merveille et ignore pourquoi sa mère ne veut pas qu'il soit un jour soldat…

Date :06/12/2003 07:02

Objet :
Aux membres de l'association
Suite à la rechute de mon frère W. B, actuellement en soins à l'hopital spécialisé d'Annecy, je vous fais part de son absence ainsi que de celle de sa mère à l'Assemblée générale qui s'est tenue en décembre 2003.
En effet, de temps à autre, W. rechute assez gravement du fait de ses problèmes psychiques liés à son séjour dans le Golfe. Après avoir agressé, par deux fois, deux jeunes gens innocents, il n'a aucun contrôle et sa famille se retrouve désarmée face à une situation difficile dont les autorités se déchargent, complètement indifférentes à son état mental et physique.Voilà pourquoi, alors qu'il était près à monter à Paris, il n'a pas pu se déplacer du fait de son état qui se dégrade: ses divers séjours en hôpital psychatrique ne lui sont d'aucun secours puisqu'il y est enfermé pour ne pas mettre en danger les autres: la structure hospitalière ne lui est absolument pas adaptée. Il s'agit simplement d'une prison où il ne représente pas un danger pour les autres; seulement pour lui. Voilà pour ce qui est des nouvelles de W.
Ceci n'est évidemment pas rassurant, c'est même plutôt alarmant. Je vous prie de bien vouloir prendre en considération ce témoignage ainsi que toutes nos excuses pour ce désistement, à une manifestation qui nous tenait à coeur.
Famille B. (Annecy)

Date :09/12/2003 17:50

Objet :
la guerre du Golfe
Bonjour, je vous écris juste pour vous dire que j'ai participé à la guerre du Golfe. Mon régiment était le 2e régiment étranger d' infanterie. Je suis tombé sur votre site, cela me fait peur. J' ai 36 ans, des problèmes de santé tels que: perte de mémoire et aussi presque plus de dents, même si je les répare. Voilà, j'espère que ce n' est pas dû à la guerre, mais bon, il faut voir. Merci de me répondre à l'adresse suivante :. ………………….

Date :28/01/2004 18:28

Objet :
Demande de renseignements
Ma demande est surtout un appel au secours car voilà maintenant 4 ans que j'ai quitté mon activité au sein d'une unité spéciale, j'ai effectué de nombreuses missions à travers plusieurs conflits ( Golfe, Balkans, notamment ).Une grande souffrance, chaque jour avec des maux de tête très forts qui me suivent tout au long de mes journées. Je prends en moyenne 4 à 6 cachets par jour, pour soulager mes douleurs. De plus, je souffre d' insomnie depuis 4 années. Cela entraîne des passages à vide que je surmonte en silence, et ça, depuis ma dernière mission dans les Balkans où j'y ai passé au total 18 mois. Il y a bien sûr eu d'autres endroits tout au long de ma carrière, je ne sais pas quelles dispositions je peux prendre, j'ai peur des révélations surtout que le cercle auquel j'appartenais était totalement secret. Même devant un médecin je ne parle jamais du passé, pouvez vous me guider afin que j'arrive à faire le pas pour d'éventuelles démarches. Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ce message. D.

Date :12/02/2003 22:37

Objet :
Enquête épidémiologique

De :
Christian S
Bonjour,
Je souhaiterais tenter d'apporter ma petite pierre à votre édifice, au moment où les menaces d'un nouveau conflit en Irak sont malheureusement d'actualité. Je suis adjudant-chef de l'Armée de l'air et j'ai effectué un détachement en Arabie Saoudite du 08 janvier au 11 avril 1991. J'étais stationné à Al Ahsa mais j'ai également séjourné quelques jours à Ryadh et à Dahran.
En effet j'ai été scandalisé, il y a 2 ans de cela environ, de lire dans la presse, notamment la revue "Armées d'aujourd'hui" et d'entendre dire l'ex ministre de la défense que les militaires durant la Guerre du Golfe n'avaient absolument pas consommé de médicaments tels que la Pyridostigmine.
Car, contrairement à ces affirmations, dès la fin de l'ultimatum, dans la nuit 16 au 17 janvier, l'ordre de prendre de la Pyridostigmine dosée à 30 mg nous a été donné par le commandant de la base aérienne d'Al Ahsa par l'intermédiaire de la sono base à raison d'un comprimé toutes les 08 heures (le 1er l'a été à 01h40, le 2° à 09h30 précises, etc). J'en ai consommé quinze jusqu'à ce que le commandant de base nous dise, toujours par la sono base, d'arrêter de "prendre ces cochonneries" (c'était grosso modo ses termes !).
Si je puis être si précis c'est que j'ai conservé la boîte de comprimés qui m'avait été remise avant mon départ et à l'intérieur de laquelle j'ai noté les heures de prise, pour m'en souvenir étant donné les contraintes et les nombreuses alertes. Depuis pas mal de temps je suis fatigué, et j'ai eu des périodes où j'étais absolument incapable de me tenir éveillé plus tard que 11 heures du soir, ce, même en société, malgré tous mes efforts. En 1998, en milieu civil, on m'a détecté un goître et des nodules au niveau thyroïdien.
En 2002, j'ai subi, également en milieu civil, une thyroïdectomie totale, des cellules cancéreuses ayant été découvertes. Je suis actuellement soigné pour cette affection. Je trouve que depuis mon retour du Golfe ma santé s'est détériorée : irritabilité (ma famille pourrait confirmer), fatigue, arthrose aux genoux, douleurs articulaires, etc… Parallèlement j'ai tenu informé le service médical de ma base d'affectation actuelle. Evoquant par ailleurs l'enquête épidémiologique, le médecin que j'ai consulté n'était pas franchement emballé et plutôt dissuasif : "Vous savez c'est assez lourd, il y a plusieurs examens, des entretiens avec un psychiatre, etc..". Finalement et sans relation de cause à effet je pense, au milieu de l'année dernière j'ai reçu le questionnaire de l'Inserm de Bordeaux. Y ayant répondu j'ai été convoqué en janvier de cette année pour subir des examens médicaux à l'hôpital Bretonneau de T., mon lieu de résidence. Le médecin avec qui j'ai eu un entretien a décelé une "dépression majeure post-traumatique" (ce sont ses termes). Mais, étant donné la nature de cet examen, je ne sais pas si cela est dû à la Guerre du Golfe. Normalement mon médecin traitant devrait être informé de ces faits. Pour l'instant je n'en sais pas plus. Dans l'attente de connaître les résultats de cette enquête épidémiologique, voilà les quelques infos que je voulais vous communiquer en souhaitant que celles-ci viendront conforter celles dont vous disposez déjà. Puissent les autorités reconnaître enfin ce fameux syndrome de la Guerre du Golfe ! Je suis à votre disposition pour vous apporter, éventuellement, d'autres renseignements sur cette période et ce que j'y ai personnellement vécu. Sincères salutations et bon courage pour votre combat.

Date :18/04/2003 22:21:14

Objet :
témoignage à propos du syndrome de la guerre du Golfe…

De :
Denis Bonnenfant

Adresse Postale :
famille bonnenfant-johnson
ancienne école
32220 Puylausic

E-mail :
denisetwendy@tiscali.fr
Bonjour,

Je m'appelle Wendy Johnson, j'ai 33 ans, et suis l'épouse de Denis Bonnenfant, un vétéran de la guerre du Golfe. J' ai rencontré mon mari à la fin du mois de mars 1991, quelques jours à peine après son retour du Golfe. Cela fait donc 12 ans que je vis avec lui et, compte tenu des symptômes dont il fait l'objet depuis son retour de l'armée et de la dégradation de son état de santé, je voudrais dire aujourd'hui à qui veut l'entendre, que mon mari a bel et bien été empoisonné lors de son service militaire. Je n'ai pour le moment aucune preuve de ce que j'avance, je n'ai que ma conviction personnelle, qui se fonde sur les faits que j'ai pu observer durant ces 12 années passées auprès de mon compagnon, mais aussi surtout ce dont il a pu me parler à propos de son passé militaire.
Quand je l'ai connu, il était engagé dans la marine nationale à bord du pétrolier ravitailleur "la Meuse" et rentrait tout juste de sa dernière mission dans le Golfe. A cette époque-là, il était physiquement très costaud, il était ce qu'on appelle en langage familier "baraqué"; il mesurait 1,76m pour 76kg et était en bonne santé. Quelques semaines après notre rencontre et lors d'une permission, il a eu sa première "crise": une nuit alors que nous dormions côte à côte, il s'est senti devenir fébrile, fiévreux et fatigué. Il se sentait comme pris par une grippe. A son réveil le lendemain matin, les symptômes avaient disparu. Peu après, de retour à bord, il en a parlé à l'infirmier, qui lui a dit qu'il avait certainement contracté le paludisme, mais que cela ne devait pas l'inquiéter outre-mesure. Au mois de juin suivant, donc 3 mois après, il a choisi d'écourter son vsl et a donc rejoint la vie civile….toujours avec ces petites "crises", qui se manifestaient environ une fois tous les deux ou trois mois, à raison d'une nuit agitée, avec fièvre, transpiration et courbatures. Nous avons passé plus de 10 ans comme cela, sans nous inquiéter vraiment, puisque les symptômes semblaient correspondre, à nos yeux, (mal ouverts à l'époque!) à ceux du palu. et que les crises étaient suffisamment espacées pour ne pas trop perturber sa vie et donc la nôtre… jusqu'au jour où, au printemps 2002, Denis, qui était en formation professionnelle dans le but de devenir ambulancier, s'est vu recevoir des tests d'examen, par un ancien médecin militaire. Cet homme avait remarqué dans le c.v. de mon mari, qu'il avait participé aux opérations Tempête du désert et il tenait à le questionner à ce sujet. (alors que mon mari suivait une formation d' AMBULANCIER).
La première chose qu'il a fait, a été de demander à mon mari comment cela se faisait qu'il avait une grande tâche brune sur la tempe. Mon mari lui a indiqué qu'elle était apparue quelques années auparavant. Le médecin a paru inquiet à ce sujet, a demandé un tas de détails sur l'état de santé de Denis, avant et après la guerre du Golfe….lorsqu'il lui a fait part de ces "crises" de palu, le médecin lui a tout de suite parlé de l'association Avigolfe, en lui recommandant de parler de tout cela auprès de cette association. Il était clair pour ce monsieur que les fameuses crises de mon mari n'étaient sûrement pas des crises de palu…c'est aussi à ce moment-là que les accès de fièvre avec transpiration nocturne ont commencé à devenir de plus en plus fréquentes, jusqu'à aujourd'hui, où il vit cette situation TOUTES LES NUITS. A ce jour, mon mari a perdu 13 kgs, il se réveille au moins 3 ou 4 fois par nuit, trempé de sueur, à un tel point qu'il est obligé de changer de tee shirt à chaque réveil! Le matelas de notre lit, acheté neuf il y a à peine 3 ans, a fini par moisir, malgré le fait que j'aère quotidiennement notre chambre et notre literie…. sans parler des oreillers de mon mari, que nous sommes obligés de remplacer régulièrement. Cela fait des mois que ça dure et mon mari est excédé. Excédé de se réveiller toutes les nuits en sueur, plusieurs fois par nuit, excédé de se sentir fébrile, amaigri et constamment fatigué. De plus, suite à deux pertes de connaissance (dont une avec convulsions) récentes, il a été hospitalisé pour un bilan de son état. Le résultat?
Officiellement pour le moment il y a bien quelque chose mais pas de bacille de Koch donc pas de tuberculose, mais personne n'est en mesure de lui dire quoi!
Il a des symptômes très marqués de la tuberculose, mais aucune lésion, alors les médecins sont perplexes et leurs avis divergent. Selon les uns, il n'y a pas de lien avec l'armée, mais selon les autres, il s'agit bien du syndrôme de la guerre du Golfe, mais il ne faut pas en parler officiellement, car l'état serait en train de faire des recherches à ce sujet, et il ne faudrait pas faire de vagues!!!
Je suis scandalisée, révoltée, à l' idée que mon mari et tous ces jeunes gens partis défendre les intérêts de leur patrie n'ont été que matière-à-expérimentation. Mon mari m'a, de tout temps, parlé des mystérieuses injections qu'ils recevaient à bord, sans jamais savoir exactement à quoi cela correspondait ni pour quelle raison. et ces cachets qu'ils prenaient tous les jours, ces pillules virgyl, je me souviens très bien avoir entendu Denis parler de la prise de médicaments inconnus, régulièrement et après chaque alerte chimique…notre meilleur ami commun était à l'époque sur le p.a. Dupleix…il se souvient très bien lui aussi des petits cachets posés sur leur plateau petit-déjeuner tous les matins! nous nous sommes procurés la copie du dossier médical militaire de Denis…comme par hasard, il n'y a absolument aucune donnée inscrite concernant la période passée dans le Golfe…et pourtant, tout est inscrit dedans, il y a des choses notées au moins une fois tous les 15 jours, SAUF concernant exactement la période pendant laquelle il était dans le Golfe, soit plus de 3 mois! concernant cette période RIEN ne figure dans le carnet. rien, sauf le mot "prophylaxie" et c'est tout. curieux, non?….voilà, je tenais à le faire savoir, je sais qu'il y en a d'autres dans son cas et j'espère que nous aurons la chance d'établir le contact avec ces personnes.

Objet :
L'ANCIEN COMBATTANT
DU GOLFE
EN GREVE DE LA FAIM
Parce qu'il veut "la vérité" sur le syndrome du Golfe la reconnaissance de sa maladie,un colmarien de 35 ans avait entamé une grève de la faim.
La dernière fois qu'il est allé à Mulhouse, Christian Prudhomme a dû appeler en catastrophe son amie : "je me suis perdu, je ne savais plus où j'avais garé ma voiture !". Depuis, il ne se déplace jamais sans son dictaphone qui avale consciencieusement tous les éléments du paysage que l'ancien combattant lui fournit. Christian Prudhomme est un ancien combattant. Un jeune, 35 ans, ancien combattant. Perte de mémoire mais surtout douleurs articulaires et musculaires, "parfois je ne peux même plus me lever du lit", quasi cécité de l'œil droit, " les mêmes symptomes que la toxoplasmose", troubles du sommeil, voilà selon l'ex-brigadier l'essentiel des souvenirs rapportés de 6 mois de "guerre du Golfe". Etiqueté "handicapé à 80%", l'engagé du 6ème régiment de commandement et de soutien a joué lors de l'opération Daguet en 1991 les "éboueurs du désert" :< Nous avons détruit des stocks de munitions irakiens, se souvient-il.

Date :
Vendredi 4 Octobre 2002

Objet :
"A BOUT"

De :
Philippe Marchegay
L'explosion des munitions dégageait des fumées "de toutes les couleurs". Le vétéran met surtout en cause les médicaments distribués dans l'armée francaise, "on ingurgitait n'importe quoi", tout autant que l'absence de protection lors des opérations, "on a eu deux tenues adaptées en 6 mois". Aujourd'hui, il lance : trop de choses ont été louches, les médicaments, les vaccins, je ne veux pas mourir comme un con sans qu'on sache la vérité. Le subutex a remplacé les antalgiques,ils n'avaient plus aucun effet.

L'ancien combattant se dit "à bout", sans ressources : "je n'ai que mes indémnités journalières de maladie." Dans l'incapacité de travailler, "le système nerveux central est touché", il attend une prise en charge ; Mêmes les Anciens Combattants ne peuvent rien pour moi !

Haut de page
Accueil
L'association
Statuts
Composition
But et actions
Instruction pénale
Bon de soutien 2010
Comment adhérer ?
Les livres
Notre album photo

Données médicales
Synthèses
Pathologies
Les études
Recherches à effectuer

Documents
Présidentielles 2007
Assemblée Nationale
Document à télécharger
Les actualités
Communiqués de presse
Articles de presse
Courriers
Photos guerre des Balkans
Photos guerre du Golfe
Vidéos et audio

Divers
Les actions
Vos témoignages
Vos avis de recherche
U.A. - Eléments de débats
Liens
Contact


Association AVIGOLFE - contact@avigolfe.com
© Avigolfe 2017 - Conception site : Fabien Lacroix